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Les femmes sont allées au « tribunal ». A la barre, la mondialisation. C’était pour écouter et comprendre les misères que la marche du monde vers un système global cause dans les pays pauvres. En particulier à l’endroit des femmes. Celles-ci ont témoigné et le tribunal a condamné.
(Panos Infos) - Des battements de tam-tam, des pas de danse ont annoncé l’ouverture de l’audience. Pour une fois et de manière exceptionnelle, le jugement s’est déporté du Palais de Justice de Bamako au Palais de la Culture. Le procès peut ainsi commencer, avec un auditoire féminin « émaillé » de quelques hommes. Evènement spécial, jury de haut niveau. Le principal accusé reste le nouvel ordre mondial, la globalisation.
C’est sur ce coupable que les « victimes » se sont acharnées pour dénoncer ses actions « pervers » auxquels les femmes paient le lourd tribut. Ancien ministre malien, Mme Aminata Traoré décline toute une série de misères dont les femmes subissent en premier lieu les contrecoups. Car si les programmes d’ajustement structurel ont entraîné la mise au chômage des chefs de famille et des jeunes, ce fut pour pousser les femmes à se débattre pour faire vivre les familles. Les membres du jury ont fait défiler à la barre des femmes éprouvées. Les « plaintes » déposées ont été nombreuses et viennent de divers pays. Les dépositions ont été accompagnées de documents à la charge pathétiques. Des cas de trafic sexuel, de viol en série et autres exactions qui les accompagnent ont été dénoncées. On a parlé de femmes disparues et de féminisation du sida. Les fondements de la résistance du peuple Ogoni (Nigeria), les souffrances des familles de la zone pétrolière du Tchad en ont révulsé plus d’un.
Et pour finir, on a clamé en chœur : « Ce n’est pas le monde que nous voulons pour nous-mêmes et pour nos enfants. Avec passion dans nos esprits et amour dans nos cœurs, nous nous soulevons, au-delà les frontières et nous unissons pour exiger la fin des actes sanguinaire et des destructions ». Ce « tribunal des femmes » se veut symbolique. Institué dans le cadre du Fsm, il dénonce toutes formes de violence que les femmes subissent à l’échelle locale.
Marceline ILBOUDO
Mis à jour le 24 janvier 2006
IPAO - 6 rue Calmette, BP 21132 Dakar (Sénégal) - Tél : (221) 33.849.16.66 - Fax : (221) 33 822.17.61 - panos@panos-ao.org
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